Economie. UE.
Les Européens poursuivent à marche forcée l’intégration du régime israélien, considéré comme un « partenaire naturel » malgré les accusations de crimes de guerre, la poursuite de la colonisation et les atteintes aux droits de l’homme.
Quoi qu’il arrive et en dépit de déclarations qui pourraient faire croire le contraire, le régime israélien sait pouvoir compter sur l’Union européenne (UE).
Tout d’abord, ces dernières semaines, les pays de l’UE ont pris soin, à l’ONU, de ne pas soutenir le rapport Goldstone accusant de crimes de guerre l’armée israélienne lors de son offensive meurtrière dans la bande de Gaza faisant cote palestinien quelques 1400 morts en majorité des civils.
Alors que le processus de paix est bloqué du fait de la seul intransigeance du régime israélien, qui refuse de stopper sa politique de colonisation en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que la judaïsation de Jérusalem et l’expulsion de familles palestiniennes, l’Union européenne fait comme si de rien n’était et poursuit la mise en place de l’intégration d’Israël dans ses structures, dans le cadre de l’accord d’association.
Le site de la Commission européenne s’en explique : « l’UE et Israël se sont engagés dans un partenariat visant à instaurer des relations politiques étroites et des relations de commerce et d’investissement mutuellement bénéfiques, ainsi qu’une coopération dans les domaines économique, social, financier, civil, scientifique, technologique et culturel ».
Le plan d’action « a pour but d’intégrer progressivement ¬Israël dans les politiques et programmes européens ». Ce plan « est adapté afin de refléter les intérêts et les priorités d’Israël, ainsi que son niveau de développement », peut-on encore lire.
La coopération entre l’UE et le régime israélien prévoit pour la première fois un volet d’aide financière, au cours des sept prochaines années, de 14 millions d’euros au titre de la coopération financière de la communauté européenne pour le régime israélien.
L’UE et le régime israélien dans le même sens viennent d’achever leurs négociations sur la libéralisation du commerce des produits agricoles et l’accord devrait être signé dans un avenir proche.
Un autre accord sur la mise en place d’un cadre pour la certification des produits pharmaceutiques est annoncé et devrait être finalisé très prochainement.
Depuis Jérusalem, où il se trouvait le 15 octobre, à l’occasion d’une conférence sur « Israël et l’élargissement de l’UE », le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, a expliqué qu’« Israël est un partenaire naturel », c’est un « pays atypique, qui mérite un statut spécial car il est proche de l’UE en ce qui concerne le développement économique et la stabilité de sa démocratie et de ses institutions ».
Seule allusion à l’occupation des territoires palestiniens, Günter Verheugen s’est borné à affirmer qu’il fallait espérer qu’avec le temps, le Moyen-Orient connaîtrait la même paix et la même stabilité que l’Europe avait acquise.
Alors que l’Union européenne, principal bailleur de fonds dans la région, a les moyens de faire pression sur le régime israélien pour que le processus de paix reprenne sur des bases permettant la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, elle se contente de quelques déclarations de principe et pratique la « politique de l’équilibre », mettant sur un même plan occupants et occupés.
Ce qui est certain c’est que l’UE aide délibérément ce régime, condamnée par l’ONU à renforcer son poids économique, financier et militaire au Proche-Orient, alors que peut-on continuer a croire cette même UE qui parle d’aspiration à la paix et de l’instauration d’un Etat palestinien.
---> UE.Régime israélien.Partenaire.Accord.Günter Verheugen.