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Refus du Canada d'ordonner une enquête publique sur des tortures infligées à des prisonniers afghans

Téhéran.Irna. 21 Novembre 2009.

International. Canada.

Le gouvernement canadien a refusé d'ordonner une enquête publique sur des révélations selon lesquelles l'armée a continué de remettre aux autorités afghanes des prisonniers en sachant que ces derniers seraient torturés.

Un diplomate canadien, Richard Colvin, aujourd’hui numéro 2 des services de renseignements à l'ambassade du Canada à Washington, a affirmé cette semaine qu'Ottawa avait enfreint les conventions internationales en vouant à "des tortures graves", pratiquées selon lui par les services afghans, "beaucoup de personnes innocentes".


Malgré ces attaques le gouvernement conservateur de Stephen Harper a refusé catégoriquement toute enquête.


M. Colvin a été dépêché en 2006 dans le sud-est de l'Afghanistan par le ministère canadien des Affaires étrangères, avant d'être promu numéro deux de l'ambassade canadienne à Kaboul, jusqu'à fin 2007.


Le diplomate avait affirmé en outre que ses premières alertes émises au printemps 2006 avaient été ignorées par le haut commandement militaire et le gouvernement canadien. Ce n'est qu'à la fin de l'année 2007, après que la presse canadienne eut commencé à rapporter des cas de mauvais traitements de prisonniers afghans, qu'Ottawa avait revu les conditions de transfert.


Le Canada, qui a perdu à ce jour 133 soldats en Afghanistan, a déployé un contingent de quelque 2.800 soldats dans le sud-est de l'Afghanistan.


S'il devait être prouvé que le gouvernement Harper était au courant de cas de torture, cela constituerait une preuve que le Canada a violé en toute connaissance de cause la Convention de Genève, qui interdit cette pratique.


Rappelons qu'Ottawa avait notamment interrompu les transferts de prisonniers en novembre 2007, après avoir été informé d'une « allégation crédible de mauvais traitement perpétré contre un détenu ».


Devant le comité parlementaire spécial sur l'Afghanistan, mercredi à Ottawa, Richard Colvin a affirmé que les détenus transférés dans les prisons afghanes avaient probablement tous été torturés, bien qu'il se soit souvent agi d'innocents.


M. Colvin a montré du doigt les commandements civil et militaire en place en Afghanistan.


Le diplomate a dit avoir envoyé 17 ou 18 rapports sur les conditions de détention et les allégations de torture au cours de son mandat de 18 mois en Afghanistan, en 2006 et 2007.


Si, en 2006, ses avertissements ont été ignorés, en 2007, le numéro deux des Affaires étrangères, David Mulroney, a averti M. Colvin de ne plus consigner ces informations par écrit, mais plutôt d'en faire part dans des conversations téléphoniques. Plusieurs des rapports de M. Colvin ont par la suite été censurés.


Le témoignage-choc du diplomate Richard Colvin a ébranlé le gouvernement Harper et l'ancien gouvernement libéral, qui avait autorisé la remise des prisonniers aux autorités afghanes sans s'assurer d'un suivi adéquat.


Le témoignage de Richard Colvin s'ajoute à ceux de deux journalistes, Graeme Smith, du Globe and Mail, et Michèle Ouimet, de La Presse, qui ont longuement interrogé des prisonniers afghans et en sont arrivés à la même conclusion que Richard Colvin.


Ce nouveau chapitre de la mission en Afghanistan donnera plein de munitions additionnelles à tous les partisans d'un retrait complet en 2011 qui seront nombreux à se demander à quoi aura servi la mort de 135 militaires canadiens qui devaient se battre pour rétablir la démocratie en Afghanistan, ce pays qui, selon le dernier rapport de l’organisation internationale Transparency International, est le plus corrompu de la planète.


---> Canada.Tortures.Afghans.Richard Colvin.

Envoyer: 13:57 Saturday November 21, 2009 Imprimer