International. Union Européenne.
La Britannique Catherine Ashton, choisie pour devenir haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, rejette les critiques sur son manque d'expérience internationale et se dit pleinement compétente pour négocier avec les autres puissances mondiales.
La future ministre européenne des Affaires étrangères, désignée jeudi soir par les dirigeants de l'UE n’a jamais élue au suffrage universel, pas plus qu’elle n'a guère d'expérience sur la scène internationale même si elle a accédé en 2008 au poste de commissaire au Commerce de l'UE.
"Ayant été commissaire au Commerce, j'ai les bonnes références et j'ai été fortement impliquée dans des sommets cruciaux. Par conséquent, je suis très familiarisée avec tous les dossiers-clés, bien au-delà des attributions qui étaient miennes", dit-elle dans une interview accordée vendredi à l'Agence Reuter.
"En deuxième lieu, les relations économiques sont devenues si vitales qu'elles forment le socle des relations (internationales)", ajoute-t-elle. "Je pense par conséquent avoir les bonnes bases et une bonne compréhension du genre de relations dont nous aurons besoin à l'avenir avec les gros pays et les autres."
"Au cours des prochains mois et années, je compte montrer que je suis la meilleure personne à ce poste", avait-elle déclaré un peu plus tôt à la BBC.
La nomination de Catherine Ashton, qui est âgée de 53 ans, a été critiquée par les médias britanniques et des observateurs y voient le fruit d'un compromis conclu pour permettre la nomination du Belge Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, poste que convoitait le Britannique Tony Blair.
On ne peut que regretter que l'UE n’ait pas franchi cette étape majeure qui lui aurait permis de devenir une force plus forte, plus cohérente et visible sur la scène internationale en particulier dans des dossiers du Proche-Orient, plusieurs analystes le soulignent et déplorant le manque de charisme de ces deux personnalités inconnues du grand public.
"Les Etats membres ont discuté pour choisir deux personnes très compétentes, capables et franchement plutôt ennuyeuses pour ces nouveaux rôles", estime Richard Whitman, professeur de sciences politiques et membre de l'institut Chatham House.
A Pékin, Moscou et Washington, responsables et analystes auront du mal à discerner quoi que ce soit dans ces nominations, qui ne semblent signaler aucune intention de donner une nouvelle direction ou un nouvel élan à l'UE.
Catherine Ashton qui devra obtenir la confiance du Parlement européen, associée au Premier ministre belge Herman Van Rompuy, choisi pour devenir le président fixe du Conseil européen. Ils prendront leurs nouvelles fonctions, créées par le traité de Lisbonne, le 1er décembre.
Avec ces personnalités inconnues pour donner un visage à l'Europe, la déception dans les milieux proeuropéens est manifeste. Les eurosceptiques se moquent.
M. Sarkozy qui a eu bien du mal a justifier le choix de Catherine Ashton qu’il connaissait à peine il y a quelques jours encore, invoque des arguments politiques : elle est une femme, elle est travailliste, elle est britannique : "Nous avons intérêt à envoyer le signal à nos amis anglais qu'ils sont en Europe, qu'ils comptent en Europe, que nous avons besoin d'eux", argumente M. Sarkozy, alors que s'annonce au Royaume-Uni la victoire des conservateurs eurosceptiques, en 2010.
---> UE.Future ministre européenne des Affaires étrangères.Catherine Ashton.Critiques.